Non merci
Nous nous sommes dits adieu
En partageant les torts
Quelque chose de nous deux
Peu à peu était mort
Je suis rentré chez moi avec ce souvenir
Vingt années de perdues et combien à venir
Recommencer ma vie
Non merci
A n’importe quel prix
Non merci
On croit les gens heureux
Parce qu’on n’ les connaît pas
On ne vit pas chez eux
Leurs blessures ne saignent pas
On pense qu’avec l’argent
On a aussi l’amour
On a gagné surtout
A en gagner toujours
Nos plaisirs séparés devenaient fastidieux
On a fait ce qu’on a pu
Est-ce qu’on pouvait faire mieux?
Recommencer ma vie
Non merci
J’ai donné, ça suffit
Non merci
Ce qu’on a dans nos âmes
Désespoirs et douleurs
Sont cachés pour toujours
Dans les replis du coeur
Recommencer ma vie
Non merci
A n’importe quel prix
Non merci
Si tu peux être amant, sans être fou d’amour
Et ne plus être aimé sans haïr à son tour
De cet Anglais des Indes, je connais ces deux lignes
Je ne serai jamais un homme comme l’écrivait Kipling
Recommencer ma vie
Non merci
A n’importe quel prix
Non merci
On croit les gens heureux
Parce qu’on n’ les connaît pas
On ne vit pas chez eux, non
Leurs blessures ne saignent pas
Recommencer ma vie
Nous nous sommes dits adieu
En partageant les torts
Quelque chose de nous deux
Simplement était mort
Alors,
Non merci
Loin
Michel Sardou - Loin Clip Video Tv2004
Loin, aussi loin que tu sois
Et plus loin si je dois,
J’irai vers ta lumière
Loin, aussi loin que je peux
Et plus loin si tu veux
Par-delà les frontières
Je n’ai pas choisi
C’est ni le besoin ni l’envie
J’ai cette force au fond de moi
Qui me porte vers toi
Loin, plus loin que l’au-delà
Où l’horizon se noie
Dans le ciel et la terre
Loin, à des milles et des milles
Où tout est immobile
J’offrirai mes prières
Je n’ai pas choisi
C’est ni le besoin ni l’envie
J’ai cette force au fond de moi
Qui me porte vers toi
Loin, au bout de l’espérance
Trouver la délivrance
Et du feu et du fer
Loin, je suis né pour servir
Pour servir et mourir
Pour souffrir et me taire
Loin, loin jusqu’au pied du ciel
Aux ténèbres éternelles
J’irai vers ta lumière
Putain de temps
On retrouve une lettre
Abîmée par le temps,
Le souvenir d’un être
Aimé à dix-sept ans,
On revoit un visage,
On écoute une voix
Qui ressemble au passage
A l’image d’autrefois,
On en fait des histoires
Pour une photo jaunie,
Le ciel de ma mémoire
A des reflets bleu-nuit.
Putain de temps
Qui fait des enfants aux enfants,
Des tours d’ivoire aux éléphants,
Putain de temps.
Tout doucement,
On va sur ses noces de diamant.
Le champagne coule au nouvel an,
Putain de temps.
On cherche dans un livre
Les mots que l’on attend,
De n’avoir pas su vivre
La vie au bon moment.
On rencontre au hasard
Un témoin du passé
Et s’ouvrent les armoires
Des sentiments blessés.
On refait malgré soi
Le chemin à l’envers
En se disant tout bas
Que c’était mieux hier.
Putain de temps
Qui fait des enfants aux enfants,
Des tours d’ivoire aux éléphants,
Putain de temps.
Tout doucement,
On va sur ses noces de diamant,
Le champagne coule au nouvel an,
Putain de temps.
Depuis le temps
Qu’on va de l’eau à l’Océan,
Sans fin et sans commencement,
Putain de temps.
Finalement,
Le ciel nous gardera vivant.
On se reverra forcément,
Putain de temps.
La vieille
Elle a des cerises sur son chapeau, la vieille.
Elle se fait croire que c’est l’été.
Au soleil, on s’sent rassuré.
Il paraît qu’la dame à la faux,
C’est l’hiver qu’elle fait son boulot.
C’est pas qu’elle tienne tant à la vie
Mais les vieilles ça a des manies :
Ça aime son fauteuil et son lit,
Même si le monde s’arrête ici.
Elle a la tête comme un placard, la vieille,
Et des souvenirs bien rangés,
Comme ses draps, ses taies d’oreillers.
Son tout premier carnet de bal,
Du temps où la valse, c’était mal,
Un petit morceau de voile blanc,
Du temps où l’on s’mariait enfant,
De son feu héros, une croix de guerre
De l’avant-dernière dernière guerre.
Elle a des cerises sur son chapeau, la vieille.
Elle se fait croire que c’est l’été.
Elle ne fait plus partie du temps.
Elle a cent ans, elle a mille ans.
Elle est pliée, elle est froissée
Comme un journal du temps passé.
Elle a sa famille en photos, la vieille.
Sur le buffet, ils sont en rangs
Et ça sourit de toutes ses dents.
Y a les p’tits enfants des enfants
Et les enfants des p’tits enfants.
Y a ceux qui viendraient bien des fois
Mais qui n’ont pas d’auto pour ça,
Ceux qui ont pas l’temps, qu’habitent pas là,
Puis y a les autres qui n’y pensent pas.
Elle a des cerises sur son chapeau, la vieille.
Elle veut s’faire croire que c’est l’été.
Elle a des cerises sur son chapeau, la vieille.
Elle se fait croire que c’est l’été.
Les vieux mariés
Les vieux mariés michel sardou
On vient de marier le dernier
Tous nos enfants sont désormais heureux sans nous
Ce soir il me vient une idée :
Si l’on pensait un peu à nous
Un peu à nous.
On s’est toujours beaucoup aimés
Mais sans un jour pour vraiment s’occuper de nous
Alors il me vient une idée :
Si l’on partait comme deux vieux fous
Comme deux vieux fous
On habiterait à l’hôtel
On prendrait le café au lit
On choisirait un p’tit hôtel
Dans un joli coin du midi
Ce soir il me vient des idées
Ce soir il me vient des idées
On a toujours bien travaillé
On a souvent eu peur de n’pas y arriver
Maintenant qu’on est tous les deux,
Si l’on pensait à être heureux
A être heureux.
Tu m’as donné de beaux enfants
Tu as le droit de te reposer maintenant
Alors il me vient une idée :
Comme eux, j’aimerais voyager
Voyager
Mais on irait beaucoup moins loin
On n’ partirait que quelques jours
Et si tu me tiens bien la main,
Je te reparlerai d’amour
Ce soir il me vient des idées
Ce soir il me vient des idées
Nous revivrons nos jours heureux
Et jusqu’au bout, moi, je ne verrai plus que toi
Le temps qui nous a rendus vieux
N’a pas changé mon cœur pour ça
Mon cœur pour ça
Je me souviens d'un adieu
Je me souviens d'un adieu.
Je m’souviens d’un adieu
Qui a duré dix jours,
Le retour sur le lieu
De notre nuit d’amour.
Je m’souviens d’un pardon
Que tu m’as refusé,
Le début d’une chanson
Que j’nai pas achevée.
Je m’souviens d’un orage
Qui nous avait surpris
Et gardés en otage
Jusqu’au bout de la pluie.
Je m’souviens d’un hôtel
Qui n’voulait pas de nous.
Tu leur semblais trop belle
J’avais l’air sans un sou.
Je m’souviens d’un parfum
Dans un flacon doré,
D’une lampe que j’éteins
Pour ne pas t’affoler.
Je m’souviens d’un désir
Que tu n’as pas aimé,
De tes mots pour le dire
De tes yeux pour pleurer.
Je m’souviens d’un soleil
Qui n’en finissait pas,
D’une journée de sommeil
Dans un lit trop étroit.
Je m’souviens d’un carrefour
Où nous étions perdus,
La tristesse d’un retour
Que nous avions prévu.
Ce qu’il y a de mieux,
C’est le début toujours.
Je m’souviens d’un adieu
Qui a duré dix jours.
Aujourd’hui, tous les deux,
Nous avons notre vie.
Toi le bonheur sérieux,
Moi le calme et l’oubli.
Il paraît qu’après tout,
Il vaut mieux la tendresse
Mais quand je pense à nous,
Toutes nos passions renaissent.
Je m’souviens d’un orage
Qui nous avait surpris,
Et gardés en otage
Jusqu’au bout de la pluie.
Je m’souviens de nous deux
Dans une rue de Paris,
Ton air un peu soucieux
De revoir ton mari.
Ce qu’il y a de mieux,
C’est le début toujours.
Je m’souviens d’un adieu
Qui a duré dix jours.
Ce qu’il y a de mieux,
Ce sont les premiers jours.
Je m’souviens d’un adieu
Qui a duré toujours.



